Pas de fesses, pas de seins : est-ce un passeport pour réussir ?

Il fallait que j’en parle. Chaque jour, notre société fabrique des complexés à la chaîne. Ces corps, autrefois sacrés en Afrique, sont devenus des objets de consommation qu’on déballe sans pudeur sur les réseaux. L’idéal aujourd’hui ? Seins bien rebondis, fesses potelées. placée, cet idéal qu’on s’encourage mutuellement à atteindre entre femmes, comme si notre valeur sociale se mesurait à nos courbes. On se valide entre nous selon ces critères, et c’est aussi ce que beaucoup d’hommes recherchent, mon expérience et mes nombreux amis « gars » me le confirment.

Image générée(ia) d’une femme avec assez de rondeurs et d’une mince pour illustrer la beauté des deux malgré leurs différences.

« A ti kô, à ti gnè » (Rien derrière, rien devant). En quoi cela te regarde, au juste ?

Je me souviens, plus jeune, au marché, un garçon m’a traitée de « pègèlè ». À l’époque, je ne comprenais pas trop, mais quand j’ai su que ça voulait dire « maigrelette » ou « maigre », ça m’a piquée au vif. Il y a même une chanson ivoirienne là-dessus 😂. J’en ris aujourd’hui, mais ce nom a changé ma manière de voir mon propre corps. On décrète ce qui est « acceptable » et on pointe du doigt le reste. C’est déstabilisant ; c’est toute une confiance en soi qu’on remet en question.

Au Mali, c’est devenu une course effrénée : mélanges louches de produits, injections par des non-professionnels, baumes miracles… Tout est bon pour devenir ce « divertissement » visuel. On s’inflige ça comme si nous n’étions que de la chair à regarder. Pourtant, certaines choisissent le sport pour sculpter leur corps. Ça, je valide ! Ce qu’on obtient par l’effort physique a une valeur réelle et saine. Mais rien ne vaut un corps sain dans un esprit sain.

Je ne suis pas dans la bataille « Skinny » contre « Apoutchou » 

Mais si ton mari ou ton copain t’impose des standards physiques, c’est un signal d’alarme. « J’aurais aimé que tu aies plus de fesses »… Red flag, non ? 😂 On parle de sentiments, mais la réalité est souvent plus crue : pour certains, deux « popotins bien en forme », c’est le paradis sur terre. C’est leur fantasme, je ne juge pas. Mais entre femmes, est-ce que notre valeur dépend vraiment de la taille de nos hanches ? Est-ce qu’en faisant grossir ces parties spécifiques, nos cerveaux ne finissent pas par rapetisser ?

Le physique n’est pas un trophée qu’on gagne à chaque centimètre gagné « par derrière »

Ton image sur le miroir aujourd’hui est il l’idéal des autres ou ce que tu a toujours voulu toi même?

Cette obsession est devenue toxique, il ne faut pas oublier que nos diversités font nos richesses. Je n’ai ni grosses fesses ni gros seins, et je me sens très bien ainsi. Cela ne veut pas dire que les femmes pulpeuses ne sont pas belles, au contraire ! Chacun doit juste s’accepter. Mais quand l’obsession mène à la maladie ou à la détresse mentale, c’est que la société va mal.

Le décès brutal d’Alima Gadji (paix à son âme) en janvier dernier nous a mis face à un miroir douloureux. Elle qui portait si haut la voix de la santé mentale… Son départ nous rappelle à quel point on se met la pression les uns sur les autres, et à quel point on se déresponsabilise du mal-être d’autrui. On se passionne pour les défauts des autres jusqu’à oublier de vivre.

Remettons les pendules à l’heure : le monde n’attend pas ceux qui s’attardent sur des futilités.

Et toi, on t’a déjà fait te sentir mal à cause d’une partie de ton physique ? Dis-le nous en commentaire !

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