Mieux voir pour mieux faire résonner mon histoire.

Il faisait chaud ce jour-là. Une de ces chaleurs de Bamako qui vous pèse sur les épaules à la sortie des cours. Mon oncle venait nous chercher, et dès que le contact de la voiture était mis, sa clé USB remplie à craquer de classiques prenait le contrôle de l’ambiance.

La fameuse chanson « Mamaya » de Ami KOITA que j’adore maintenant


Le calvaire de la place arrière
À l’époque, c’était mon « supplice » quotidien. Dès les premières notes d’Ami Koïta ou de Kassé Mady Diabaté, on s’échangeait des regards désespérés avec mes frères. Un grand « Ahhhhh » d’ennui collectif. Quand Ami chantait « Ne bi bô Maliba de la » (Je viens du grand Mali), célébrant les maîtres du n’goni, du tama et de la kora, je ne cherchais même pas à comprendre.
Dans ma tête, j’étais une expatriée. Je ne jurais que par Disney, les gadgets et les séries qui venaient d’ailleurs. Je pensais « étranger », je vivais « étrangère ». Pour moi, nos traditions étaient juste… vieillottes.
Alerte Trésor : J’ai enfin ouvert « La Caisse » de Maman 😂

Le fameux trousseau et son contenu


Pendant des années, mon seul rapport avec le trousseau de ma mère était purement utilitaire : « Maman, on change les rideaux ? ». Je piochais dans sa fameuse caisse en métal, ce coffre-fort que toutes nos mamans gardent jalousement, sans jamais regarder ce qui dormait au fond.
Puis, un jour, la curiosité m’a piquée. Ces tissus revenaient à la mode, alors j’ai fouillé.
Ma maman m’a alors sorti des merveilles : des tissages faits à la main qui servaient de draps, des pagnes magnifiques pour le quotidien et d’autres pour les grandes cérémonies. Elle m’a surtout montré le pagne, celui qui doit couvrir la tête de la jeune mariée, qu’elle conserve précieusement pour moi.

Les deux à gauche et celui en bas à droite sont des draps et le tissu en haut à droite est réservé à la mariée

J’ai été éblouie par l’harmonie des couleurs et l’amour que l’artisan a mis dans chaque fil. Ce n’était plus de vieux tissus, c’était une collection de musée privée.

Petite pub de moi même habillée en tissu traditionnel


Ma peau noire n’est pas un « manque de budget »

Sérieusement, la peau que vous voyez là à l’air d’être le résultat d’un manque de budget ?😂 c’est tout le contraire!
Ce réveil culturel a percuté ma réalité de femme noire. Dans notre société, certains ne jurent que par le « clair ». Plus tu es claire, plus tu as l’air riche, majestueuse… naturelle ou pas.
Récemment, j’ai vu passer ce conflit absurde sur les réseaux sociaux entre deux influenceuses. L’une d’elles affirmait que celles qui restaient noires n’en avaient juste pas les moyens financiers. Pour moi, ce débat ne devrait même pas exister.
Ma peau noire n’est pas un choix par défaut ou un manque de budget : c’est mon héritage. C’est une résistance, une preuve d’amour pour la lutte de nos ancêtres. J’ai décidé de faire fi des « blagues » qui ne font rire que ceux qui les racontent. Ma peau est mon lien indéfectible avec ce pays.
Se réincarner sans se perdre
Aujourd’hui, quand j’écoute ces artistes légendaires, je souris. Ils ont réussi à faire comprendre à la jeune fille têtue que j’étais que mon pays est d’une richesse inestimable, peu importe les complexes des autres.
Nous sommes une société qui évolue : on se réadapte, on se réincarne, on prend le bon de ce qui vient d’ailleurs, mais on garde notre authenticité. C’est ce voyage, entre modernité et racines, que je partage ici avec vous.
Apprenons, grandissons et partageons ensemble sur ce blog🥰.

J’espère que vous allez bien, merci de me lire, un petit cœur si tu aimes mon contenu ♥️! Abonne toi 😉.

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